Ilan Heitner — L’homme qui ne voulait pas être petit [he] (2015)

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Ha ! Voici quelque chose d’intéressant : un auteur à succès israélien qui n’est pas importé en France ! Vous vous rappelez du copain qui devait m’acheter des livres à Tel-Aviv, qui avait oublié ma liste et qui est revenu avec une sélection de la libraire ? Ce livre d’Ilan Heitner était dedans. J’étais assez excité par sa lecture : il y avait assez peu de chance que je découvre ce livre via ma veille habituelle.

L’homme qui ne voulait pas être petit est Golan, un auteur à succès israélien qui signe un contrat avec un éditeur étatsuniens pour écrire un nouveau livre à succès en moins de quatre mois. Le problème est qu’il n’a plus d’inspiration et ne sait pas quoi écrire, il est infect avec sa femme et ses enfants. Puis quelqu’une s’inscrit à des ateliers d’écritures par courriel qu’il anime pour aider les gens à écrire. Le style littéraire de cette femme, Mili, le transporte, et il est très curieux de savoir qui elle est vraiment. L’inspiration lui revient, il se met à écrire sur lui, sur sa vie, à chercher qui est Mili, à rencontrer ses anciens amis, ses parents…

Golan n’a pas vraiment de talent, il s’est essayé à beaucoup de chose sans beaucoup de succès, sans avoir vraiment envie de faire quelque chose, mais il a toujours cette volonté de ne pas être petit. Dans sa critique du livre, Haaretz dit que le véritable héros du livre est la vacuité israélienne et décrit le « kloumnik » (כלומניק), le rien-du-tout israélien.

Alors, qu’est-ce que j’en ai pensé ? Je vais évacuer tout de suite ce qui m’a agacé : les écrivains qui écrivent sur des gens qui écrivent, c’est un peu comme les chanteurs qui chantent des chansons sur de gens qui chantent : il y a une récursivité qui me fait bailler. On sent le type pris par le syndrome de la feuille blanche et bim ! « J’ai un super sujet, je vais parler des problèmes d’inspirations. » Pitié. Sur son site Heitner propose justement des ateliers d’écriture… Ajoutons à ça que les points de vue sont en général très masculins et très hétéros et vous serez assurés de la normativité peu inspirée de l’ensemble. Malgré ça, hé bien c’est un roman divertissant.

Tout d’abord le style est fluide et coule tout seul. L’hébreu d’Heitner est en général plus proche du registre familier. Ensuite son héros est attachant, parce que relativement inoffensif et qu’il s’enthousiasme facilement pour tout ou rien. Il se désole de la même manière très naturellement quand ses parents partent en vrille ou qu’il se rend compte qu’il est odieux avec sa famille alors qu’il les adore. Ces pics émotionnels sont vraiment attendrissants. Et curieusement, cet espèce de mélange arrive à tenir jusqu’au bout du roman. J’arrive même à me reconnaître parfois dans le héros.

Bon, ce n’est pas bouleversant, mais on passe un bon moment. C’est aussi rafraîchissant de lire de temps en temps de la littérature un peu plus légère. Bref, c’était une bonne surprise de la part d’une libraire telavivienne ! Merci à elle !

אילן הייטנר, האיש שלא רצה להיות קטן, מודן, 2015.

 

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Publié par

Nicolas Legrand

J'aime beaucoup la clarinette et l'hébreu. Parfois, je fais de l'informatique en bibliothèque.

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