Eli Amir — Le jeune au vélo (2019)

Le jeune au vélo (נער האופניים, non traduit) d’Eli Amir narre l’histoire de Nuri, un jeune Juif irakien en Israël au début des années 1950. Nuri est installé dans un kibbutz grâce à un programme du mouvement de l’alyah de la jeunesse. Il y est heureux et intégré et voudrait y rester, mais son père vient le chercher parce qu’en tant que fils aîné il a le devoir de venir en aide à sa famille. Sa famille est perdue et désespérée dans une cabane en bois de Cfar Ouriel, le village des aveugles près de Guédéra. Le père et la mère parlent mal l’hébreu et ont du mal à s’intégrer ou à tirer leur épingle du jeu. Elle regrette amèrement d’avoir quitté Bagdad. Lui est sioniste, mais se heurte aux discriminations des vousvousim (un mot péjoratif aujourd’hui vieilli désignant les Ashkénazes). Le père veut que Nuri les aide à partir du village pour qu’ils puissent s’installer à Jérusalem.

J’ai eu envie de lire ce roman parce que j’avais envie de sortir un peu de toutes ces histoires de Juifs polonais. Découvrir les Irakiens me semblait un changement intéressant. Le livre est imposant, plus de six cent pages, le style est agréable, cependant à aucun moment je n’ai réussi à être pris dans l’histoire.

Peut-être que les romans d’apprentissages m’ennuient. C’est un peu différent de l’Éducation sentimentale cela dit : là où Frédéric Moreau se pose peu de questions sur son avenir et beaucoup sur son amour, Nuri est plutôt chanceux en amour, mais pour son avenir il doit se battre. Coincé entre le carcan familial et les discriminations contre les mizrahim, il doit se démener, travailler pour vivre et payer ses études. Dans le même temps, il hésite entre les sionismes travaillistes et révisionnistes. Il est tout le temps hésitant, timide et peu dégourdi.

En approchant de la trois centième page, je n’arrivais toujours pas à m’intéresser à l’histoire. Nuri, l’empoté qui a tout contre lui, m’agace. J’ai abandonné la lecture. L’auteur manie un réalisme étonnant qui donne l’impression de vivre l’époque, mais pour moi, il manquait quelque chose dans l’histoire pour m’accrocher à ce livre.

Eli Amir est pourtant un auteur très apprécié, alors peut-être que vous, vous pouvez essayer si le sujet vous plaît. Personnellement, je trouve finalement les Juifs polonais moins déprimants.

אלי עמיר, נער האופניים, עם עובד, 2019. מסת״ב: 978-965-13-2767-4.

Publié par

Nicolas Legrand

J'aime beaucoup la clarinette et l'hébreu. Parfois, je fais de l'informatique en bibliothèque.

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