Yuval Mendelson — Le meurtre de Rabin (2017)

Youval hamenouval (Youval le malfaisant) et sa fille Bella.

On a beau s’attendre à tout, Yuval Mendelson (יובל מנדלסון) vous tombera forcément dessus comme un OVNI qui vous propulsera dans la stratosphère. Il s’est fait connaître avec son groupe Sheygets (שייגעצ, un mot yiddish pour dire « goy, personne méprisable »…) et son tube Marilyn Monroe qui vaut son pesant d’alcool et de somnifère. Mais bon, c’est difficile de gagner sa vie avec la musique alors il est devenu professeur d’éducation civique. Il continue cependant de jouer de la musique est de sortir des album, dont cet OVNI des OVNIs sorti sous le nom Yuval Hamenuval (יובל המנוול, Youval le malfaisant) : Chants pour Bella (שירים לבלה), un album de chansons pour sa fille de deux ans où il lui explique tout un tas de choses sur la vie. Il lui parle par exemple des animaux en voie de disparition en lui expliquant qu’elle est elle-même une espèce en voie de disparition car ses parents sont électeurs de Meretz.

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Saisir un alphabet non latin à l’ordinateur, l’exemple de l’hébreu

Il est aisé aujourd’hui de saisir un alphabet non latin. Avec les tablettes et leurs écrans virtuels on change de clavier en un instant, la généralisation d’Unicode permet de travailler dans des environnements où toutes les écritures peuvent cohabiter. Cependant, si vous travaillez sur ordinateur cela peut être confortable de saisir du texte aussi avec un clavier physique, en particulier pour de la correspondance ou des textes un peu longs. Comment faire dans ce cas là ? Et bien il faut paramétrer le clavier de son ordinateur et adopter la disposition pour la langue que vous souhaitez (on trouve facilement les méthodes pour Windows, Mac OS X ou GNU/Linux). C’est bien, mais comment fait-on pour savoir quelle touche correspond à quelle lettre ? Même en changeant votre disposition de clavier au niveau logiciel, les lettres imprimées de votre prosaïque AZERTY ne bougent pas. Je vais vous raconter une discussion amusante à laquelle j’ai assisté entre deux amis pour illustrer deux méthodes intéressantes. Ensuite je vous donnerai ma méthode qui est évidemment la meilleure.

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Apprendre vite une langue étrangère, un exemple avec l’hébreu

Un oulpan à Dimona, 1955. source Wikipedia.

Les gens que je rencontre sont parfois étonnés au premier abord par mon niveau d’hébreu. Où est-ce que je l’ai appris ? Depuis combien de temps ? Quand je réponds à ces questions on me regarde d’un air sceptique. De mon point de vue, c’est aussi assez étrange car je suis loin d’en avoir fini avec mon apprentissage, je fais beaucoup de fautes et je butte sur beaucoup de mots, mais oui, je peux lire les journaux et la littérature sans trop de soucis, je peux suivre la radio, un peu moins bien la télé et je peux avoir des conversations sur toutes sortes de sujets. J’ai commencé à apprendre l’hébreu il y a moins de quatre ans. Je pense devoir mes progrès en partie à un travail régulier et obsessionnel, mais cette réponse semble souvent insuffisante, alors maintenant je vais en dire un peu plus sur ma méthode. Tout a commencé par un objectif raisonnable.

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Quand France culture parle d’Izraël

Aujourd’hui je vous invite à lire un article sur mon blog professionnel, EPROTO. Ce blog est plutôt dédié à l’informatique en lettres et sciences humaines et sociales, mais cette fois-ci, je parle d’hébreu, d’Israël, de comment on en parle dans les médias français et je vous invite à apprendre le plus de langues étrangères possibles :

https://eproto.hypotheses.org/417

C’est un peu long, mais vous verrez, c’est intéressant !

Festival du film israélien de Paris du 19 au 26 mars 2019

Cette année encore le festival du film parisien présente une excellente affiche et ça va être compliqué de faire ses choix… On m’a recommandé Synonyme, un film sur un Israélien qui fuit à Paris. J’avoue être assez attiré par le docu sur la vie incroyable du poète yiddishophone et partisan Avrom Sutskever :

Il faudra vraiment que je puisse m’organiser un jour pour pouvoir mieux suivre cet évènement.

Mais que dit Salomon quand la police rentre dans la synagogue ?

Ha voici une vraie question qui touche le cœur de la culture française. Il s’agit des aventures de Rabbi Jacob bien sûr. Le passage évoqué dans le titre passe peut-être inaperçu après un « Comment, vous Salomon, vous êtes Juif ? » ou encore « Rabbi Jacob il va danser », mais il est assez intéressant à étudier quand on remet le film dans le contexte de son époque.

Lorsque les policiers entrent dans la synagogue, Salomon est persuadé qu’il s’agit des assassins à la poursuite de son ancien patron déguisé en rabbin et de son acolyte révolutionnaire arabe. Salomon bondit sur la bimah (l’estrade d’où on lit la Torah), crie pour qu’on l’écoute et se met à parler une langue qui n’est plus du français. Toute l’assemblée comprend, se tourne en même temps vers les policiers, dresse les châles de prière dans les airs et fond sur les pauvres fonctionnaires du ministère de l’intérieur. Hector Pivert déguisé en Rabbi Jacob peut s’enfuir avec Slimane.

Mais que dit Salomon, en quelle langue parle-t-il ?

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The Jews are coming

Vous vous rappelez quand je disais que « Les Juifs arrivent » (la satire hilarante sur les Juifs, de la Bible aux sionistes) n’était disponible qu’en hébreu ? Hé bien si on fait une recherche sur Youtube avec « The Jews are coming », on trouve quelques épisodes sous-titrés en anglais ! Les anglophones sauront désormais pourquoi il n’y a pas « Tu ne violeras pas » dans les commandements. Vous saurez que c’est très mal de traiter quelqu’un de Nazi, même Adolf Hitler. Vous verrez ce que pensait Seinfeld de la religion d’Abraham, à l’époque d’Abraham. Vous saurez dans quelles conditions la première transplantation cardiaque a eu lieu en Israël. Vous verrez l’épisode des prêtres que j’ai précédemment traduit en français. Vous verrez quels pressions la production hollywoodienne a mis sur Spielberg pour réaliser la liste de Schindler. Et vous conviendrait finalement que si vous pouvez dansez avec la Torah, embrasser la Torah, alors pourquoi ne pouvez-vous pas aussi vous marier avec la Torah ?

Ha et aussi vous saurez tout sur la circoncision d’Isaac et Ismaël :

Heureux que vous êtes !

Échange avec Ala Hlehel à propos de son roman « Au revoir Acre »

La version hébraïque du roman palestinien Au revoir Acre d’Ala Hlehel est un de mes chouchous de cette année. Plus que d’habitude, j’avais envie de poser de nombreuses questions à son auteur, sur le livre, sur lui et sur la situation particulière des Palestiniens citoyens d’Israël. J’ai contacté Ala Hlehel et je le remercie vivement d’avoir bien voulu répondre à mes questions. Notre échange s’est fait en hébreu je le traduis ici en français. J’essaye en général de faire une traduction la plus littérale possible et n’hésite pas à tordre la syntaxe tant que la compréhension n’en pâtit pas trop. J’ai réécrit çà et là pour éviter un style trop lourd ou trop étrange en français.

Comment présentez-vous votre livre ? Qu’est-ce qui vous a fait écrire sur le siège d’Acre par Bonaparte ? Qu’est-ce qui, dedans, est historique et qu’est-ce qui ne l’est pas ?

L’idée du roman vient du poète Khana Abu Khana qui s’est adressé à moi en 2005. Il m’a dit : « j’ai commencé il y a près de 25 ans à faire des recherches sur le siège de Napoléon et il y a là une histoire très intéressante. Peut-être que tu pourrais écrire le roman à partir de mon travail ? » J’ai commencé à étudier l’idée et j’ai vraiment été captivé : du sang, de la sueur et beaucoup de larmes. Qu’a-t-on besoin d’autre pour un bon drame ?

Ce livre est à mes yeux une hybridation entre l’histoire et l’imagination, un genre d’acrobatie très développée entre la tentative de garder le cadre historique des événements et la grande liberté que permet la fiction littéraire.

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Lettres d’Israël 2018

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Ce n’est pas sérieux, je ne vous ai pas encore parlé de Lettres d’Israël alors que la session 2018 a déjà commencé… Bon, c’est « le », que dis-je « LE », que dis-je « LE (!!!) » festival littéraire hébraïque en France. Et cette année, il y en a partout (Lille, Paris, Strasbourg, Montpellier, Aix, Marseille…). Il y des événements presque en continue. Fort de ses succès précédents et de la saison croisée France-Israël le festival est devenu géant. C’est un peu comme au Hellfest ou à Rock en Seine : on ne peut pas assister à tout.

J’essaierai d’aller voir Yishaï Sarid, Itamar Orlev, Yirmi Pinkus et Asaf Hanuka. Aïe, aïe, aïe, j’espère qu’il reste des places !

Un pashkevil parodique

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Le pashkevil parodique.

J’ai réalisé une affiche de publicité pour le blog sous forme de pashkevil [en]. Pashkevil est un mot originaire du yiddish qui, après des détours étranges, vient de l’italien pasquinata : des placards satiriques collés sur la statue de Pasquin à Rome. Un pashkevil en hébreu ou en yiddish, c’est un placard collé dans un quartier ultra-orthodoxe qui donne des informations, mais le plus souvent qui accuse ou condamne avec virulences des hommes, des femmes, des pratiques ou des institutions. Il y en a beaucoup qui s’agacent par exemple contre l’enrôlement obligatoire dans Tsahal, d’autres pour qui l’idée que les bus qui passent dans le quartier soient conduit par des femmes est insupportable… Ce genre de choses. Ils peuvent contenir des mots ou phrases en yiddish et être écrits dans un hébreu archaïque. Le style peut être très affecté, scandalisé et catastrophiste. La typographie en général me fascine : les textes sont tassés et austères, ils ne lésinent pas sur l’emphase en utilisant des grandes tailles de caractères en jouant sur la graisse et en mélangeant plusieurs fontes.

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