Eldad Ilani — L’Histoire parfaite (2009-2017)

Bon, j’ai un souci avec les histoires pour enfants. Quand je prends un livre pour enfants, j’ai un mal de chien à le lire normalement, pour le plaisir. J’ai toute une batterie de capteurs qui se mettent en alerte, comme si j’étais face à un outil de propagande sexiste ou capitaliste de la famille traditionnelle patriarcale. C’est très fatigant. Même l’histoire de la taupe à qui on a fait sur la tête me fait me demander comment cette œuvre encourage l’oppression des femmes ou de je ne sais qui d’autres. En vérité, c’est quelque chose qui m’arrive avec tous les livres, mais c’est décuplé avec la littérature jeunesse. Bref. Respirons fort, je lis aussi des livres pour enfants en hébreu.

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Ilan Heitner — L’homme qui ne voulait pas être petit [he] (2015)

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Ha ! Voici quelque chose d’intéressant : un auteur à succès israélien qui n’est pas importé en France ! Vous vous rappelez du copain qui devait m’acheter des livres à Tel-Aviv, qui avait oublié ma liste et qui est revenu avec une sélection de la libraire ? Ce livre d’Ilan Heitner était dedans. J’étais assez excité par sa lecture : il y avait assez peu de chance que je découvre ce livre via ma veille habituelle.

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Dorit Rabinyan — Sous la même étoile (2017)

Je ne me serais sans doute pas intéressé à Sous la même étoile sans le scandale qui a explosé à son propos. Je ne cours pas après les histoires d’amour et un Roméo et Juliette entre un Palestinien et une Israélienne me paraît être un exercice déjà beaucoup décliné dont je veux bien laisser la lecture à d’autres. Ha mais voilà, le ministère de l’éducation a retiré l’ouvrage des listes de livres que l’on peut utiliser dans l’enseignement au lycée,  au motif que l’œuvre est dangereuse pour la jeunesse. Elle aborde effectivement un sujet menaçant pour l’identité juive [musique stressante] : l’assimilation. Sans déconner. Évidemment tout Israël est allé s’acheter le livre pour se faire une idée, et moi aussi je l’ai lu. Hé bien sachez-le, c’est une très belle histoire d’amour et c’est essentiellement pour cela que ce livre devrait être lu.

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Meir Shalev — Un fusil, une vache, un arbre et une femme (2017)

En 1930 dans une moshava, 3 agriculteurs se sont suicidés. C’est du moins la version officielle des autorités anglaises. Tout le village, en revanche, sait que l’un des suicidés a été assassiné. Tout le monde sait par qui et pourquoi, mais se tait.

Un fusil, une vache, un arbre et une femme narre, de 1930 à nos jours, l’histoire de la famille Tvori dans cette moshava. Les chapitres sont une suite de textes de deux natures : soit des transcriptions verbatim d’entretiens entre une chercheuse en histoire et Rutha Tvori, soit des textes écrits par Rutha elle-même, qu’elle ne fait lire à personne. Rutha est la petite fille de Zeev Tvori, un pépiniériste de la moshava qui a laissé une empreinte forte dans la mémoire des autres. Les entretiens sont dans un hébreu relativement accessible, les textes de Rutha sont eux plus compliqués, ampoulés. Professeure de bible, elle aime manier une langue riche et jouer avec.

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David Grossman — Un cheval entre dans un bar (2015)


« Le public s’amuse. Et lui se protégeant les yeux de la main scrute la salle, désormais presque complètement plongée dans l’obscurité.
Il me cherche. »

— David Grossman, Un cheval entre dans un bar, traduction Nicolas Weill

Je n’avais pas très envie de lire ce livre, parce que je me disais que cela allait être un hébreu difficile et que cela allait être triste. Bien aussi, sans aucun doute, mais triste,  quoi. Puis Grossman a obtenu le prix international Man-Booker, je me suis encore dit que bon, ça devait être vraiment bien, mais que ça risquait d’être trop triste quand même. Et puis, j’ai vu qu’une lecture publique de son livre se montait avec Wajdi Mouawad. J’ai vu que Grossman viendrait à la Colline dans le cadre du festival Lettres d’Israël pour une rencontre avec Wajdi Mouawad et deux lectures en public. C’était très excitant, tout ça. Cela aurait été dommage d’y aller sans avoir lu le livre. Alors je l’ai lu, en hébreu. J’ai regardé çà et là la traduction française. J’ai assisté à la lecture-concert à la Colline. Hé oui, c’est triste, mais qu’est-ce que c’est bien.
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Festival littéraire Lettres d’Israël 2017

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C’est l’heure de la pause estivale ! Je vais vous laisser pendant un petit mois en attendant le festival Lettres d’Israël qui se déroulera à Paris du 8 au 18 septembre avec un programme très alléchant. À partir de la dernière semaine d’août et durant les semaines qui suivent, je vais essayer de mettre en avant trois œuvres qui seront à l’honneur dans ce festival (je ne sais pas encore dans quel ordre je publierai mes billets) :

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R. J. Palacio — Prodige (2012)

Je sais ce que vous allez me dire. Prodige n’est pas un roman israélien, c’est de la littérature étatsunienne. Alors oui, voilà, j’ai lu ce livre en hébreu et dans sa version originale, en anglais, en me disant que cela serait intéressant de voir comment les Israéliens adaptaient ce genre de littérature et je n’ai pas été déçu : Prodige est un roman très sympathique et c’est encore mieux en hébreu.

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