David Grossman — Un cheval entre dans un bar (2015)


« Le public s’amuse. Et lui se protégeant les yeux de la main scrute la salle, désormais presque complètement plongée dans l’obscurité.
Il me cherche. »

— David Grossman, Un cheval entre dans un bar, traduction Nicolas Weill

Je n’avais pas très envie de lire ce livre, parce que je me disais que cela allait être un hébreu difficile et que cela allait être triste. Bien aussi, sans aucun doute, mais triste,  quoi. Puis Grossman a obtenu le prix international Man-Booker, je me suis encore dit que bon, ça devait être vraiment bien, mais que ça risquait d’être trop triste quand même. Et puis, j’ai vu qu’une lecture publique de son livre se montait avec Wajdi Mouawad. J’ai vu que Grossman viendrait à la Colline dans le cadre du festival Lettres d’Israël pour une rencontre avec Wajdi Mouawad et deux lectures en public. C’était très excitant, tout ça. Cela aurait été dommage d’y aller sans avoir lu le livre. Alors je l’ai lu, en hébreu. J’ai regardé çà et là la traduction française. J’ai assisté à la lecture-concert à la Colline. Hé oui, c’est triste, mais qu’est-ce que c’est bien.
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David Grossman — J’écoute avec mon corps (2005)

Outre les sorties françaises, je profite des fonds de la BULAC pour essayer de faire le tour des grands noms de la littérature israélienne. David Grossman m’apparaissait comme un passage obligatoire, j’ai donc cherché ce que je pouvais emprunter de lui à la BULAC en version originale et en traduction française. Je n’ai pas eu d’autre choix que ce recueil de deux nouvelles. Quatre romans de Grossman n’ont pas été enregistrés dans notre catalogue électronique et sont cachés au fonds des magasins. Jusqu’aux années 2000, la plupart des documents du fonds hébraïque issus de la BIULO et transmis à la BULAC n’ont pas été catalogués électroniquement, par manque de moyen. Seuls les documents jugés comme les plus importants ont été catalogués et placés en libre accès. C’est vraiment étonnant qu’un auteur majeur comme lui ait été oublié. En utilisant le vieux catalogue papier (dont la section hébraïque est très mal classée), il est possible de trouver les ouvrages. On peut les commander via le catalogue électronique de la BULAC, mais on ne peut malheureusement pas emporter ces livres chez soi. Voici donc la misère des hébraïsants qui explique mon choix pour ma première lecture de Grossman.

Un point qui m’a d’abord étonné, puis plu, c’est que chaque nouvelle est traduite par une personne différente : Rosie Pinhas-Delpuech que j’adore la plupart du temps, et Sylvie Cohen qui m’agace parfois un peu. J’allais pouvoir les comparer directement sur le même auteur !

J’ai abordé le livre en étant très sûr de moi. Hé ! je venais de terminer un Amos Oz, tout devait désormais être à ma portée. J’ai pleuré des larmes de sang. L’élégance du style d’Oz réside dans sa simplicité. Grossman, c’est autre chose.

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