Meir Shalev — Un fusil, une vache, un arbre et une femme (2017)

En 1930 dans une moshava, 3 agriculteurs se sont suicidés. C’est du moins la version officielle des autorités anglaises. Tout le village, en revanche, sait que l’un des suicidés a été assassiné. Tout le monde sait par qui et pourquoi, mais se tait.

Un fusil, une vache, un arbre et une femme narre, de 1930 à nos jours, l’histoire de la famille Tvori dans cette moshava. Les chapitres sont une suite de textes de deux natures : soit des transcriptions verbatim d’entretiens entre une chercheuse en histoire et Rutha Tvori, soit des textes écrits par Rutha elle-même, qu’elle ne fait lire à personne. Rutha est la petite fille de Zeev Tvori, un pépiniériste de la moshava qui a laissé une empreinte forte dans la mémoire des autres. Les entretiens sont dans un hébreu relativement accessible, les textes de Rutha sont eux plus compliqués, ampoulés. Professeure de bible, elle aime manier une langue riche et jouer avec.

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David Grossman — J’écoute avec mon corps (2005)

Outre les sorties françaises, je profite des fonds de la BULAC pour essayer de faire le tour des grands noms de la littérature israélienne. David Grossman m’apparaissait comme un passage obligatoire, j’ai donc cherché ce que je pouvais emprunter de lui à la BULAC en version originale et en traduction française. Je n’ai pas eu d’autre choix que ce recueil de deux nouvelles. Quatre romans de Grossman n’ont pas été enregistrés dans notre catalogue électronique et sont cachés au fonds des magasins. Jusqu’aux années 2000, la plupart des documents du fonds hébraïque issus de la BIULO et transmis à la BULAC n’ont pas été catalogués électroniquement, par manque de moyen. Seuls les documents jugés comme les plus importants ont été catalogués et placés en libre accès. C’est vraiment étonnant qu’un auteur majeur comme lui ait été oublié. En utilisant le vieux catalogue papier (dont la section hébraïque est très mal classée), il est possible de trouver les ouvrages. On peut les commander via le catalogue électronique de la BULAC, mais on ne peut malheureusement pas emporter ces livres chez soi. Voici donc la misère des hébraïsants qui explique mon choix pour ma première lecture de Grossman.

Un point qui m’a d’abord étonné, puis plu, c’est que chaque nouvelle est traduite par une personne différente : Rosie Pinhas-Delpuech que j’adore la plupart du temps, et Sylvie Cohen qui m’agace parfois un peu. J’allais pouvoir les comparer directement sur le même auteur !

J’ai abordé le livre en étant très sûr de moi. Hé ! je venais de terminer un Amos Oz, tout devait désormais être à ma portée. J’ai pleuré des larmes de sang. L’élégance du style d’Oz réside dans sa simplicité. Grossman, c’est autre chose.

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Amos Oz — Soudain dans la forêt profonde (2006)

Perdu sur un flanc de montagne se trouve un village loin de tout. Aucun des enfants de ce village n’a jamais vu un animal de ses yeux, ils sont tous partis dans la forêt une nuit, avant leur naissance. La raison du départ des animaux est taboue dans le village, rares sont les adultes qui en parlent, mais ils mettent bien en garde sur les dangers de la forêt et interdisent strictement d’y aller, surtout la nuit. Ceux qui l’ont fait sont devenus fous.

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Amos Oz — Judas (2016)

Mon compte rendu de ce superbe roman vient d’être publié sur le site Parutions : <http://parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=452&ida=18308>. Rendez-vous là-bas pour lire tout le bien que j’en pense ! Sur cette page je note quelques ressources supplémentaires autour du roman.

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Meir Shalev — Ma grand-mère russe et son aspirateur américain (2013)


Avant toute chose, ne lisez pas la présentation de l’éditeur ou le 4e de couverture si vous comptez lire ce livre en profitant de son suspens : on y explique pourquoi grand-mère Tonia n’a utilisé son aspirateur qu’une seule fois. Et ça, c’est un peu comme si on écrivait le nom de l’assassin dans la présentation d’un policier : ça gâche tout, ou presque. Bref, lisez-moi plutôt. Continuer la lecture de Meir Shalev — Ma grand-mère russe et son aspirateur américain (2013)