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Sipourim VèShirim

Comptes rendus de lectures, visionnages et écoutes d'œuvres en hébreu moderne

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Yoram Kaniuk

Yoram Kaniuk — Pierre (2013)

pierre

« Pierre n’est pas né. Il s’est donné la vie à l’intérieur d’une poubelle de Ramat Gan. Ma fille l’a trouvé dans cette poubelle à côté de Beit Zvi [célèbre école d’acteurs]. Il avait à peu près un mois. Un chiot gris noir, il était couché, tremblant dans les ordures, il s’est assis au milieu de la puanteur et a regardé ma fille avec des yeux qui se sont ouverts en son honneur, depuis le désespoir dans lequel il est né.

Elle fut la première personne qui au-delà de le regarder, l’a aussi vu. »

Yoram Kaniuk, Pierre, 2013.

Pierre Kaniuk est mort très vieux, à 20 ans, sourd, aveugle, dévoré par le cancer. Un de ses maître, le célèbre écrivain Yoram Kaniuk ne se remet pas de sa mort. Il écrit un récit poignant où il se rappelle des épisodes de la vie de son chien. Il décrit avec amour sa personnalité et se lamente de sa mort. Qu’un chien comme Pierre puisse mourir est pour lui une preuve d’absence de justice dans ce monde. L’auteur est à ce point abattu qu’il confesse ne pas avoir été aussi triste pour la mort de ses parents.

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Yoram Kaniuk — 1948 (2012)

« On avait froid et plus rien pour nous couvrir. Soudain, on entend des cris. Quelqu’un débarque, nous secoue, nous nous réveillons dans une terrible obscurité, et le type nous explique d’une voix rauque, il rit et pleure en même temps, que quelqu’un a entendu quelqu’un annoncer sur un transistor que Ben Gourion venait de créer un État. Il a ajouté, je vous serais infiniment obligés (nous utilisions encore ce genre de formule) de chanter maintenant l’HaTikva. En quel honneur ? Avons-nous rétorqué à ce plouc, nous, mêmes les paroles, on ne les connaît pas par cœur, et d’ailleurs où donc Ben Gourion a-t-il créé son État ?

À Tel-Aviv, d’après ce qu’on m’a dit, a-t-il répondu.

Écoute, nous, on est assiégés dans Jérusalem, à Bab-el-Oued, ici, il n’y a pas d’État, Jérusalem n’est pas incluse dans l’État de Tel-Aviv… Sur ces mots, on s’est rendormi. »

Extrait de 1948, traduction de Laurence Sendrowicz.

Arrivé à la fin de sa vie, Yoram Kaniuk raconte dans ce roman comment il a vécu la guerre d’indépendance de 1948. Il prend le contre-pied du récit israélien héroïque et de la légende dorée qui se sont développées autour du groupe armé d’élite dans lequel il était incorporé, le Palmah.

Kaniuk raconte une histoire de troufion. Les héros combattants les armes à la main pour la création de leur pays sont ici des gamins mal préparés, mal équipés qui n’ont pas vraiment conscience de ce qu’ils sont en train de faire.

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